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Réglementation de l'énergie

Obligations d'économies d'énergie en Europe

Par International Horizon DevelopmentVérifié par Oussama TrikiPublié le 7 min de lecture

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Un quartier européen vu depuis un toit à l'heure bleue, avec des immeubles rénovés aux façades isolées, des pompes à chaleur en toiture et une zone industrielle éclairée au loin.

Une obligation européenne, des dispositifs nationaux

Les certificats d'économies d'énergie français ne sont pas une exception nationale. Ils sont la réponse française à une obligation fixée par le droit de l'Union européenne. Chaque État membre doit prouver, année après année, qu'il génère de nouvelles économies d'énergie chez les consommateurs finals.

Cette obligation figure aujourd'hui dans la directive (UE) 2023/1791 du 13 septembre 2023 relative à l'efficacité énergétique, dite directive EED. Ce texte est une refonte : il reprend et renforce les règles de la directive de 2012, qui avait introduit l'obligation d'économies d'énergie au stade de l'utilisation finale.

Pour un industriel, un bailleur ou une société de services énergétiques, comprendre ce cadre commun change la lecture des marchés étrangers. Les dispositifs nationaux diffèrent par leur nom, leur unité de compte et leurs acteurs. Ils obéissent pourtant à la même logique, fixée par les articles 8, 9 et 10 de la directive.

Ce qu'impose l'article 8 de la directive EED

L'article 8 fixe un volume minimal d'économies d'énergie cumulées au stade de l'utilisation finale. L'énergie finale est l'énergie livrée au consommateur : l'électricité au compteur, le gaz à la chaudière, le carburant à la pompe. Le volume se calcule en pourcentage de la consommation d'énergie finale annuelle, sur la base de la moyenne des trois années précédant le 1er janvier 2019.

Le rythme s'accélère par paliers jusqu'en 2030 :

PériodeNouvelles économies annuelles exigées
2021 à 20230,8 % de la consommation d'énergie finale
2024 et 20251,3 % de la consommation d'énergie finale
2026 et 20271,5 % de la consommation d'énergie finale
2028 à 20301,9 % de la consommation d'énergie finale

Chypre et Malte bénéficient d'un régime dérogatoire de 0,45 % par an entre 2024 et 2030. Après 2030, la directive prévoit que les États poursuivent au rythme de 1,9 % par périodes décennales.

Selon la Commission européenne, la directive révisée fait plus que doubler l'obligation annuelle d'économies d'énergie d'ici 2028. Cette obligation est l'un des principaux instruments au service de l'objectif européen de réduction de la consommation d'énergie finale d'au moins 11,7 % en 2030, par rapport aux projections établies en 2020.

Les articles 5 à 11 de la directive, qui portent ces obligations, devaient être transposés en droit national au plus tard le 11 octobre 2025.

Deux voies pour atteindre le volume exigé

La directive ne dicte pas l'outil. L'article 8, paragraphe 2, laisse chaque État choisir entre deux voies, ou les combiner.

Le mécanisme d'obligations en matière d'efficacité énergétique

Un mécanisme d'obligations est un dispositif où l'État impose à des acteurs du secteur de l'énergie de financer ou de réaliser un volume d'économies chez les consommateurs. Selon l'article 9, les parties obligées sont choisies parmi les gestionnaires de réseau de transport et de distribution, les distributeurs d'énergie, les vendeurs d'énergie au détail et les distributeurs ou vendeurs de carburants.

L'article 9 encadre aussi le fonctionnement de ces mécanismes :

  • les parties obligées peuvent, si l'État l'autorise, comptabiliser des économies certifiées réalisées par des fournisseurs de services énergétiques ou par des tiers ;
  • la certification doit suivre une procédure d'agrément claire, transparente et ouverte à tous les acteurs du marché ;
  • une économie obtenue une année donnée peut être comptée sur l'une des quatre années précédentes ou des trois années suivantes, sans dépasser la fin de la période d'obligation ;
  • les États publient chaque année les économies réalisées par chaque partie obligée et le total du mécanisme.

Le texte impose enfin un contrôle indépendant. La mesure, le contrôle et la vérification des économies sont effectués indépendamment des parties obligées, sur une proportion statistiquement représentative des opérations.

Les mesures alternatives de politique publique

La seconde voie, prévue par l'article 10, repose sur des outils publics : programmes de subventions, mesures fiscales, accords volontaires, réglementation. Pour toute mesure autre que fiscale, l'État instaure un système de mesure, de contrôle et de vérification indépendant des parties volontaires ou délégataires. Pour une mesure fiscale, il doit démontrer l'efficacité du signal de prix.

La précarité énergétique au cœur du dispositif

La refonte de 2023 renforce la priorité donnée aux ménages modestes. L'article 8, paragraphe 3, impose aux États de réaliser une part du volume d'économies parmi les personnes touchées par la précarité énergétique, les clients vulnérables et les ménages à faibles revenus.

Cette part est au moins égale à la proportion de ménages en situation de précarité énergétique évaluée dans le plan national en matière d'énergie et de climat. Dans un mécanisme d'obligations, l'article 9 permet aux États d'imposer cette part directement aux parties obligées.

L'article 9 prévoit aussi que les États veillent à l'éligibilité des mesures pour chaque logement situé dans un immeuble collectif. Le texte ouvre enfin la possibilité de soutenir financièrement les PME et les microentreprises face aux effets du prix du carbone.

France et Italie : deux mécanismes d'obligations à la loupe

La France et l'Italie illustrent bien la première voie. Les deux pays ont bâti un marché de certificats échangeables, avec des différences de conception qui comptent pour un porteur de projet.

CritèreFrance — CEEItalie — Certificati Bianchi
Unité de compte1 CEE = 1 kWh cumac d'énergie finale1 certificat = 1 tonne équivalent pétrole économisée
Parties obligéesFournisseurs d'énergie, appelés « obligés »Distributeurs d'électricité et de gaz naturel de plus de 50 000 clients finals
Acteurs non obligésÉligibles non obligés, qui peuvent céder leurs certificats aux obligés« Soggetti volontari » : sociétés de services énergétiques, entreprises dotées d'un expert ou d'un système de management de l'énergie certifié
GestionnaireServices du ministère chargé de l'énergieGSE pour la reconnaissance, GME pour l'émission et le marché
HorizonSixième période, de 2026 à 2030Objectifs annuels fixés de 2025 à 2030

En France, le dispositif des certificats d'économies d'énergie a été créé par la loi POPE du 13 juillet 2005. Il repose sur une obligation imposée aux fournisseurs d'énergie. Ceux-ci réalisent des opérations, les financent chez des tiers ou achètent des certificats à d'autres acteurs. Le terme « cumac » désigne des économies cumulées sur la durée de vie de l'équipement et actualisées.

En Italie, les Certificati Bianchi, aussi appelés titres d'efficacité énergétique (TEE), sont le principal mécanisme d'incitation à l'efficacité énergétique dans l'industrie, les réseaux, les services et les transports. Pour 2026, l'objectif fixé aux distributeurs atteint 1,0416 million de TEE sur les usages finals d'électricité et 0,6384 million sur ceux du gaz naturel. Les certificats s'échangent sur la plateforme du GME ou par contrats bilatéraux.

D'autres États ont fait d'autres choix. Nous avons détaillé, par exemple, la réforme du système espagnol des certificats.

Ce que ça change pour vous

Pour un industriel ou un maître d'ouvrage implanté dans plusieurs pays

Un même projet de récupération de chaleur ou de pompe à chaleur ne sera pas valorisé de la même façon à Lyon, à Milan ou à Madrid. L'unité de compte, l'acteur qui achète l'économie et la pièce exigée avant travaux changent d'un pays à l'autre. Raisonner pays par pays, dès la phase d'étude, évite de perdre une valorisation faute d'une pièce déposée à temps.

Pour un installateur ou une société de services énergétiques

La directive ouvre la porte aux économies certifiées par des tiers, mais chaque État décide s'il l'autorise et selon quelle procédure d'agrément. Votre droit d'accès au marché dépend donc du texte national, pas de la directive seule.

Pour un obligé ou un délégataire

La montée du taux annuel à 1,9 % à partir de 2028 pèse sur les volumes à couvrir. La part réservée à la précarité énergétique et l'exigence d'un contrôle indépendant renforcent la valeur des dossiers solides et vérifiables.

Ce que nous recommandons

IHD suit ces dispositifs pays par pays, à partir des textes officiels. Notre rôle de bureau d'études indépendant est d'identifier, pour chaque projet, le dispositif applicable, l'acteur qui valorisera l'économie et les pièces qui sécuriseront le dossier jusqu'à la valorisation.

Avant d'engager des travaux hors de France, nous conseillons de vérifier trois points : le dispositif national retenu par l'État, les conditions d'accès des acteurs non obligés, et le calendrier de dépôt exigé. Notre page marchés internationaux présente notre approche, et notre audit énergétique sert de base à la valorisation. Pour la France, notre décryptage du projet de suppression de fiches CEE montre que le catalogue évolue vite. Pour un projet précis, contactez-nous.

Questions fréquentes

Quel taux d'économies d'énergie la directive EED impose-t-elle aux États membres ?

L'article 8 de la directive (UE) 2023/1791 impose de nouvelles économies annuelles égales à 1,3 % de la consommation d'énergie finale en 2024 et 2025, 1,5 % en 2026 et 2027, puis 1,9 % de 2028 à 2030. Chypre et Malte bénéficient d'un taux dérogatoire de 0,45 % sur 2024-2030.

Un État membre est-il obligé de créer des certificats d'économies d'énergie ?

Non. L'article 8 laisse le choix entre un mécanisme d'obligations en matière d'efficacité énergétique, des mesures alternatives de politique publique, ou une combinaison des deux. La France et l'Italie ont choisi un mécanisme d'obligations avec des certificats échangeables.

Qui peut être désigné partie obligée par un État membre ?

Selon l'article 9 de la directive, les parties obligées sont choisies parmi les gestionnaires de réseau de transport et de distribution, les distributeurs d'énergie, les vendeurs d'énergie au détail et les distributeurs ou vendeurs de carburants destinés aux transports.

Une entreprise qui n'est pas obligée peut-elle tirer profit de ces mécanismes ?

Oui, quand l'État le permet. La directive autorise les parties obligées à comptabiliser des économies certifiées réalisées par des fournisseurs de services énergétiques ou par des tiers. En Italie, les « soggetti volontari » reçoivent des Certificati Bianchi pour leurs économies d'énergie.

Quelle était la date limite de transposition de la directive EED ?

Les articles 5 à 11 de la directive (UE) 2023/1791, dont les articles 8 et 9 sur les obligations d'économies d'énergie, devaient être transposés au plus tard le 11 octobre 2025.

Sources

Chaque fait de cet article renvoie à l'une de ces sources, consultées à la date indiquée.

  1. 01
  2. 02
    Energy Efficiency Directive

    Commission européenne — DG Énergie — publié le

  3. 03
    Dispositif des certificats d'économies d'énergie

    Ministère de la Transition écologique — DGEC — publié le

  4. 04
    Certificati Bianchi

    GSE — Gestore dei Servizi Energetici — publié le

Votre opération est-elle concernée ?

Nous lisons le texte applicable à votre dossier, dans sa version en vigueur, avant tout dimensionnement.

Voir les six marchés analysés

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Article rédigé avec l'assistance d'une intelligence artificielle ; chaque fait a été contrôlé contre les sources citées, puis l'article a été relu et validé par Oussama Triki.

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